J'ai tout le temps mal au ventre, au sens propre et au sens figuré. Je fuis le conflit de Noël mais je n'ai pas encore trouvé de plan de secours, j'ai quelques semaines encore pour l'élaborer. Travailler à la place de quelqu'un qui le fête, prendre un train de dernière minute pour une ville où il neige, faire un beau plateau télé avec quelqu'un qui ne le fête pas devant les danseuses du Crazy (la troisième solution est évidemment la plus probable... mais mon cerveau est toujours en ébullition quand il s'agit de fuir ce que je ne veux pas). J'ai avoué tout ça à demi-mot à J., on était dans un restaurant de Marseille. Un endroit où l'on vous sert du vin rouge froid, un truc tellement improbable que j'ai rien osé dire, à réchauffer le verre entre mes mains. Contre toute attente,si ça intéresse quelqu'un un, bon vin frais, même s'il est rouge, ça passe plutôt bien.
J'ai entamé le processus d'écriture pour un livre qui parlera d'un endroit qui m'obsède, et de tâches de sang difficiles à nettoyer.
En attendant, en guise de calendrier de l'avent, je vais me lancer dans la quête de Christmas albums jolis comme des chandails de Noël.
17 novembre 2010
24 octobre 2010
J'ai filé en douce pour aller faire caca, et essayer de me remettre de mes émotions, les orteils enfoncés dans la moquette (so british) des toilettes de l'hôtel. Un petit hôtel en bord de mer, terrasse donnant sur le petit port, avec le bruit des mouettes, et des mâts qui s'entrechoquent doucement dans la nuit entre les craquements de nos tartines. J'avais jamais eu ce type de cadeau avant, alors côté démonstration, pendant de longues minutes, c'est un peu comme les gamins tout hébétés qui découvrent leur chambre pleine de jouets dans les maçons du cœur américains: cet air un peu con, la même gueule finalement que si on entrait chez le dentiste, même si au fond de l'estomac il pleut des fées clochettes. A l'heure où Brigitte Lahaie danse toute nue sur nos télés je le regarde dormir, et c'est ma façon à moi de reconnaître qu'un jour il faudra reprendre contact avec des gens de ma famille pour leur dire, voilà j'ai ce garçon. Je n'ose pas m'épandre, je préfère le raconter aux autres quand il n'est pas là. De l'ironie de jeter des fleurs à quelqu'un sur son dos... Je sais pas, peut être qu'un jour je lui laisserai une lettre sur le lit et il se dira merde elle me quitte en fait cette conasse. Parce que qui écrit des lettres, à part peut-être les adolescents ou les lâches ? L'hiver revient, j'ai déjà écrasé des mètres de baume anti-gerçures sur mes lèvres et je peux plus voir en peinture les deux trois vêtements à peu près chaud qui me font ressembler à un sac. Vivement mai.
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26 juin 2010
S. ne comprend pas que l'on puisse déprimer en France avec l'extraordinaire choix de tampons ou de salades qu'il y a dans nos rayons de supermarchés. M. et J. se marient en jeans, et délaissent le livret de famille sur une étagère de cuisine. En ce qui me concerne l'amour c'est un double de clé, et une zappette de garage que je n'ai pas le droit de perdre. J'ai recommencé à dessiner. Voilà.
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13 avril 2010
Y'a des moments comme ça où l'amitié c'est juste une grosse blague.
De toute façon c'est un mot qui m'emmerde, et qui m'évoque des cartes de vœu de vieux et des chansons niaises.
L'amitié en ce moment pour moi c'est un concept qui m'oblige à mettre mon doigt sur le front et à me dire "Voyons, voyons... est-ce qu'il existe sur cette planète quelqu'un qui me connaisse vraiment et que je fasse pas chier ?"
Je vais y méditer.
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25 février 2010
Ce blog est sans doute mort, et j'y reviens, comme ça, alors que je laissais mes neurones fondre devant des petits chats qui parlent sur youtube. Comment résumer à quel point les gens et les envies changent ? Ben oui merci on sait, et puis vous allez piquer du nez.
Écrire est devenu quelquechose de profondément personnel, comme aller aux toilettes. Je préfère mon petit carnet, qui va dans les mains de qui je veux bien, qui ne sera pas pompé, pas spammé, et mes pires larmichettes ou mes petites fleurs ne seront plus balancées dans des flux rss pour que je le regrette très fort quelques jours après, et ce n'est pas plus mal.
J'ai toujours un lien très fort avec mon *. On se dispute souvent, on s'insupporte souvent, avec des trêves de temps en temps. Je continue de brûler impunément des petits cierges devant la vierge alors que je ne crois pas en Dieu et que je n'ai pas donné de nouvelles à ma famille depuis des mois. Je dois faire ça dans un souci de silence et d'esthétisme, un peu comme quand on se pose dans l'herbe avec un bon bouquin. Si le purgatoire existe, je vais sûrement y aller à grands coups de pieds aux fesses.
J'ai trouvé comme ça un amoureux un soir devant un bar où je ne vais jamais, et on fait du roller, des gâteaux, des grasses matinées. Il a des yeux moulés dans un recourbe-cil, il a un chat qui me déteste, il a une latte cassée dans son lit. Si je dois résumer où je veux être la plupart du temps, c'est dans un bain, ou à l'autre bout du monde, ou dans le lit de mon amoureux avec une latte cassée, à poser mes doigts sur ses yeux de fille pendant que son chat qui ne m'aime décidément pas ronronne nerveusement dans mon dos parce que je suis amoureuse.
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2 août 2009
Dés que je rentre du travail, il me faut mon verre de vin, et par dessus tout mon verre à pied avec lequel je me vautre sur le canapé en me disant bon sang que j'ai mail aux jambes. Souvent à la pause de midi, je décline les déjeuners à l'extérieur parce que je ne suis pas de ceux qui peuvent se permettre le resto. Je lis des bouquins moisis dans la même rame que les touristes qui viennent voir la Eiffel Tower, et je rentre aussi avec eux. Je fais des essais hasardeux de petits plats dans la cuisine du cuistot paternel, je recommence à fumer des blondes par fagot de 1000, je reste pendue au téléphone avec mon gay boyfriend en éspérant qu'il vienne très très vite. J'ai raté la saison des mangues, les bonnes, les pakistanaises. Je flâne aux puces pour m'acheter un sac en plastoc qui ferait rire n'importe quelle parisienne. Je suis là mais mon coeur est resté à Rennes, quelque part entre les remises de notes, les feux d'artifices du 14 juillet et les aurevoirs déchirants dans une chambre d'étudiant mal rangée. J'ai hâte que tu viennes, et qu'on regarde le soleil se lever à la défense comme deux abrutis de provinciaux.
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11 juin 2009
Quoi répondre lorsqu'on a l'impression que c'est une chance comme ça peut être totalement inconscient ?
"J'aimerais qu'on vive ensemble".
"Je veux vivre avec toi".
Et je crois que ça ne me bouleverserait pas plus que ça s'il disait juste "habiter", comme quoi des fois, la terminologie...
Je l'ai entendu bredouiller la chose complètement ivre dans le bus, on se l'est dit pour de rire à une fête arrosée, il me l'a dit au téléphone au milieu de la nuit, il me l'a écrit avec plein de smileys stupides sur messagerie instantanée, il me l'a dit une fois après une grosse engueulade.
Et ce soir il l'a annoncé à toute la tablée au bar, un peu comme on demande quelqu'un en mariage, et on a tapé nos pintes, et j'ai dit que oui, peut être.
C'est un des trucs les plus cons et les plus forts de la vie que de cohabiter, et j'ai choisi celui avec qui ça ne peut que finir en cataclysme. Mais je crois qu'on aurait tort de ne pas essayer.
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19 avril 2009
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31 mars 2009
Le soleil avant l'été. C'est l'amour vache. C'est dévorant et ça ne me ménera nulle part, mais je n'en démords pas. Je l'écoute me raconter des conneries à 3h du matin dans mon téléphone, comme un fil rouge entre le jour et le jour, et chaque fois il faut qu'on se voit, pour travailler, pour prendre le soleil sur la pelouse du Thabor, pour manger un scoub' à Saint Michel, boire un sirop de violette ou une bière aux lices, jouer à la playstation, faire un tarot, pour s'enlacer, pour s'inviter chez des gens qui cuisinent ou pour un hamburger à 3h du matin, pour s'enlacer encore, se balancer des insultes et se dire qu'on s'aime. Les jours sont plus longs, on voit des cortèges de mouette à 7h, le matin.
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14 mars 2009
WARNING
C'est la rechute, tu te remanges la peau des doigts, tu repenses à chaque moment de réconfort environ 378 fois dans ta tête ou alors tu les relis sur ton téléphone comme les ados dans le bus, tu n'arrive plus à regarder dans les yeux les proches qui te parlent trop gravement, tu te ruines en junk-food au lieu de faire des courses et même le soleil ou l'ivresse ne changent pas la donne.
Petite Vierge Marie en plastoque, s'il vous plaît sortez du mur et venez l'inonder de lumière.
Ou je sais pas, des claques.
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